Cette attente est parfois vraiment difficile. D'un naturel positif, optimiste, il nous arrive aussi de voir les choses un peu plus négativement. Un jour on y croit fort et une semaine plus tard c'est la désillusion. Une semaine après un couple d'amis reçoit le coup de fil magique. Alors on se remet à y croire et finalement rien ne se passe. C'est un peu les montagnes russes des émotions et des sentiments en ce moment. Plus on avance dans l'attente, moins elle est facile à gérer.
Le récent départ de nos amis nous a permis de recevoir des nouvelles toutes fraiches du Vietnam, d'Hanoï. Quand nous lisons leurs messages nous replongeons quatre ans en arrière. Des images remplissent nos yeux, des parfums surgissent à notre nez et par dessus tout des émotions remontent du fin fond de notre âme, du fin fond de nos entrailles, pour inonder notre coeur. Quand on attend son premier enfant par adoption, même si on ne sait rien de ce que nous réserve la rencontre, on sait déjà que ce que nous allons vivre sera de toute évidence très puissant. Quand on attend son deuxième enfant, fort d'en avoir déjà fait l'expérience, on sait ô combien cette rencontre sera toute puissante. On sait combien cette rencontre va résonner en nous. Cela rend l'attente encore plus forte. Plus "hight" les jours fastes et plus "down" les jours moins optimistes.
Entre nos amis sur place, les nouvelles des derniers jours d'activité au sein de l'équipe adoption Vietnam de notre correspondante Médecins du Monde préférée et les infos recueillies par la nouvelle équipe de retour de mission dans le pays, nous avons la même information concernant notre dossier ou plutôt celui de notre fille : le dossier est en cours d'enquête de police. Ce qui est en soit en fait une bonne nouvelle même si elle ne nous ravie guère.
C'est simplement la réponse officielle de l'administration Vietnamienne qui instruit le dossier. Ils ne donneront signe de vie qu'au terme de son instruction complète seulement. Ce peut-être demain, ce peut-être dans 3 mois. Comme toujours nous sommes au pied du mûr. Inutile de chercher à savoir quand est-ce que la porte s'ouvrira on ne nous dira rien. La seule chose dont on est sûr c'est qu'elle s'ouvrira. C'est déjà beaucoup finalement.
Cette situation représente bien la disparité entre nos deux cultures, toute la sensibilité d'une procédure d'adoption. Même si nous la comprenons elle ne nous aide pas beaucoup dans cette attente. Point de vue narcissique? Pas sûr, en fait il faudrait demander à la principale intéressée : notre fille.
Aujourd'hui Thi-Uyen à 11 mois. A l'heure à laquelle j'écris ces lignes elle doit s'endormir sur sa natte; avec un peu de chance dans le creux des bras de sa nounou. Elle nous manque.
Combien de jours encore?




