La première bougie - Jeudi 6 mai 2010

Pas de nouvelle, bonne nouvelle qu'ils disent. Nous on dit : pas de nouvelle, pas de nouvelle. Un ami me conseillait il n'y a pas si longtemps de rester fataliste. Je suis son conseil. Cette attitude nous permet de mieux assumer notre attente.

Mon coeur est parfois gros, mais avec les semaines et les mois qui défilent, j'éprouve un nouveau sentiment : un semblant de rancoeur, envers un système invisible, intouchable, même si nous pouvons le comprendre.


Nous sommes le 6 mai 2010. Thi-Uyen fête ses 1 an, mais nous n'avons rien dit à Camille. Il devient tellement demandeur de partir accueillir sa petite soeur.

Justement, quand nous sommes parti accueillir Camille nous avions pris la liberté à la fin de notre séjour de profiter un peu de nous trois. Loin de l'effervescence d'Hanoï et des tracasseries administratives que sont le bouclage d'un dossier d'adoption, nous étions parti visiter la pagode de l'Empreinte parfumée.

Un doux nom pour un lieu de culte Bouddhique perché au sommet d'un paysage karstique au beau milieu de la campagne et des rizières verdoyantes. La pagode est en fait une grotte creusée par le temps se trouvant au point culminant de la montagne de l'Empreinte parfumée. Au cours du deuxième mois lunaire les pèlerins viennent dans ce sanctuaire (et quelques autres) pour purifier leur âme, apaiser leurs souffrances et chose qui avait retenu mon attention, se voir accorder une descendance aux couples sans enfant.

Symboliquement, nous avions planté quelques bâtons d'encens et surtout une bougie, une comme celle que l'on peut voir ci-dessus, pour demander au Bouddha de pouvoir agrandir une deuxième fois notre famille comme nous en avions déjà le projet. Alors en ce jour où Thi-Uyen notre fort probable deuxième enfant fête ses un an, je repense à cet instant, à cette bougie que nous avons allumé là-bas, pour elle, sans vraiment le savoir à l'époque et sans vraiment le savoir encore aujourd'hui.

Joyeux anniversaire petite fille.